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suivent péniblement, obstinément, dans une Europe dévastée l’œuvre de paix inter-
nationale que symbolise pour eux la Société des Nations. Ils avaient espéré que
votre collaboration permettrait d’orienter dans le sens le plus utile les travaux de la
Commission de Coopération Intellectuelle. Sachant que la tâche de la Société des
Nations ne saurait être exécutée sans l’appui de tous les hommes de bonne volonté,
ils s’étaient particulièrement félicités du concours d’une autorité aussi éminente
que la vôtre. Leur espoir est aujourd'hui déçu. Mais leur foi en cette grande œuvre
a été suffisamment endurcie par la lutte quotidienne pour supporter ce choc sans en
être ébranlée. Ils continueront donc, Cher Professeur Einstein, l’effort commencé
avec le souhait sincère et, j’ose dire, la conviction que le chemin qui vous éloigne
d’eux aujourd’hui vous remènera un jour vers eux.
Veuillez agréer, Cher Professeur Einstein, l’expression de mes sentiments sin-
cères et cordiaux.
Pierre Comert
TLS (SzGeBNU, R1029/13C/20823X/14297). [82 874]. The letter is addressed “Professeur Einstein
Haberlandstr. 30 Berlin.”
[1]Comert (1880–1964) was press chief of the League of Nations.
[2]See Einstein to Comert, 21 March 1923 (Vol. 13, Doc. 447).
[3]Neue Zürcher Zeitung, 21 March 1923, ME; Jüdische Pressezentrale Zürich, 23 March 1923.
[4]Eric Drummond to Einstein, 17 May 1922 (Vol. 13, Doc. 192).
[5]Einstein to Drummond, 30 May 1922 (Vol. 13, Doc. 208).
[6]Einstein to Drummond, 4 July 1922 (Vol. 13, Doc. 263).
[7]Einstein to Drummond, 29 July 1922 (Vol. 13, Doc. 314).
10. To Pierre Comert
Berlin, den 11. IV. 1923.
Lieber Herr Comert–
Ich bin gerührt darüber, dass Sie mir nach meiner brüsken Absage noch einen so
herzlichen Brief geschrieben
haben.[1]
Das werde ich Ihnen nie vergessen.
Zu dieser Absage war ich innerlich gezwungen durch die nach den Ereignissen
des letzten halben Jahres gereifte Ueberzeugung, dass es keine noch so brutale Ge-
walttat geben könne, die von dem Völkerbund nicht protestlos hingenommen
würde.[2]
Mag es redliche und gerechte Männer des Völkerbundes geben, sie kön-
nen doch nichts daran ändern, dass der Völkerbund, so wie er jetzt seiner Amtes
waltet, die schlimmste Diskreditierung des pazifistischen Gedankens bedeutet. Ich
kann mich des Eindrucks nicht erwehren, dass der Völkerbund als Ganzes, so wie
er heute arbeitet, nichts anderes ist als ein unter irreführendem Namen funktionie-
rendes gefügiges Instrument derjenigen Mächtegruppe, welche durch ihre militäri-
sche Macht gegenwärtig in Europa hemmungslos dominiert. Unter diesen
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