D O C U M E N T S 1 8 2 , 1 8 3 M A Y 1 9 2 2 2 9 9
182. To Paul Painlevé
Leiden 8. V. 22.
Lieber Herr Painlevé!
Leider erhalte ich Ihren Brief verspät; er wurde mir
nachgesandt.[1]
Ich sende Ih-
nen die verlangten Autogramme trotzdem, in der Meinung, dass vielleicht darüber
verfügt worden
ist.[2]
Die Gespräche mit Ihnen gehörten zum Köstlichsten, was ich
in Paris erlebte; ich habe mich über Ihre Intensität und Objektivität gefreut. Über-
haupt gedenke ich dieses Aufenthaltes mit Freude und Dankbarkeit.
Es grüsst Sie herzlich Ihr ergebener
A. Einstein
ALSX (R. M. Smythe’s Auction Catalog, November 1995, Public Sale , lot 147). [83 136].
[1]Painlevé requested the two autographs, to be sold at a charity event on 5 May (see Doc. 176).
[2]See the preceding document.
183. From Henri Barbusse
Miramar par Théoule (Alpes Maritimes) le 8. 5. 1922
Mon Cher Maître,
Nul plus que moi ne se rend compte du peu de loisir que vous devez avoir en ce
moment vous êtes devenu le centre d’un grand mouvement de rénovation et de
révolution scientifique. Je me permets pourtant, m’appuyant sur l’amicale bienveil-
lance de votre attitude
antérieure[1]
de vous demander si vous ne consentiriez pas à
écrire pour notre Revue « Clarté » quelques lignes sur votre séjour à Paris.
Je m’excuse d’abuser ainsi de votre temps alors qu’il est consacré à des travaux
si importants et si précieux. Mais je pense d’autre part que c’est un devoir pour moi
de profiter de votre importance et de votre prestige pour aider la cause que mes ca-
marades et moi défendons partout dans le monde: celle du redressement d’une vé-
rité qui est sœur de la vérité scientifique et qui comme elle est menacée et opprimée
par la routine et l’idée préconçue. Clarté s’élève au-dessus des partis et développe
des idées simples et évidentes que la pauvre humanité met bien du temps pour com-
prendre et mettra bien du temps encore à adopter, mais qu’elle finira pourtant par
réaliser car cela est pour elle une question de vie ou de mort. Il est tout naturel que
les hommes qui s’enorgueillissent d’être les modestes défenseurs d’une cause con-
sidérable, essayent de se faire aider dans leur tâche par ceux qui dans un autre do-
maine ont su voir haut et loin, ont su voir ce que les autres sont restés des siècles à
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